Image création Christophe Durand

Un regard extérieur sur Christophe Durand

Le dessin, la peinture dans tous ses états, c’est un peu ce que Christophe DURAND s’est donné pour ligne d’illustrer, de transmettre d’où que l’on vienne à lui.

A l’élève de son institut, au curieux, à celui qui est en recherche, c’est de la ligne qu’il parle, de cette ligne qui l’habite depuis longtemps, dont il ne sait depuis le plus jeune âge qu’elle se confond avec celle de son destin. A travers le dessin il s’est exprimé, il a rêvé, bâti un univers où les chimères, les antiques se mêlent, où aucune associationn’est de trop et dans lequel sont convoquées des images que l’art, de manière générale, abandonne à de tout autres registres.creation-christophe-durand

Dans son exploitation du réel, la palette de Christophe DURAND nous laisse découvrir des corps à la plastique publicitaire, des flacons de liquides précieux, des véhicules dernier cri aux chromes rutilants. La matière est à l’honneur et, avec elle, la technique se joue de l’ombre et de la lumière. Elle crée le volume, le reflet et atteint cette transparence à travers laquelle, incidemment, perçant la forme, le sens d’un coup se livre. Celui qui pour la première fois écoute Christophe DURAND, prend le temps, la peine d’entrer dans son monde, passe en quelque sorte de l’autre côté du miroir.

Il est saisi, inévitablement capté par un jeu où le réel qui semble se donner à voir n’est jamais complètement où on l’attend. Les supports de l’œuvre sont multiples, inépuisables et les plus différents cohabitent, étonnamment parfois comme le font ces plafonds habilement nuagés, ces panneaux de P.V.C. qui se colorent d’enseignes à l’ancienne, ou ces tôles qui offrent leur matière à toutes les audaces du custom automobile.

Les manières ne sont pas moins nombreuses et le pinceau, le crayon, les fusains de couleur alternent avec ce petit pistolet que l’on appelle l’aérographe. Projetant encre et peinture avec une intensité modulée à discrétion, il reste pour Christophe DURAND, qui l’a très tôt associé à son art, l’instrument privilégié avec lequel il décline et habite le réel qu’il nous convie à pénétrer. Un monde s’ouvre alors, un décor se met en place. Les colonnades, les arcatures, les façades aux rythmes pompeusement classiques qu’affectionne tant l’auteur n’en sont que le cadre. Ces larges perspectives, recourant comme la Renaissance italienne à la bichromie des pavements, ne doivent pas tromper.

L’essentiel est ailleurs, il tient à ce qu’elles découvrent, qu’elles suggèrent, à ces corps souvent qu’elles renferment et que l’on retrouve ailleurs dans des études, en mouvement, traversés d’une tension, d’un élan. Dans leur beauté, dans leur douleur ils ne sont cependant qu’un passage vers un monde tout intérieur, vers cet univers essentiellement spirituel dont l’art de Christophe DURAND en dernier lieu nous entretient. Les figures de cette méditation sont infinies. Il en est une que je voudrais évoquer pour finir, celle de cette fillette rwandaise, empruntée à une photographie célèbre pour une fresque consacrée des droits de l’homme, qui dans la prostration qu’elle nous dévoile reflète la tragédie d’un pays accablé par l’histoire récente. En 1995, déjà l’Afrique était là dans l’œuvre de Christophe DURAND, présente à travers les drames qu’elle a vécus, dont l’artiste s’est nourri dans son engagement, et obsédante en même temps du fait de ces liens intimes, tellement particuliers, qu’elle met en jeu l’art et la réalité.

Philippe JOSSERAND
(44) Nantes

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Il y’a 2 commentaires

  1. Johnc253 dit :

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